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Louis II de Chalon-Tonnerre
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Louis II de Chalon, né en 1380 et mort vers 1423 ou le 17 août 1424, est un seigneur bourguignon et franc-comtois, comte de Tonnerre, issu de la maison de Chalon.

Contents

• Biographie
• Origines
• Voir aussi
• Bibliographie

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Biographie

Origines

Louis naît en 1380cite-ref-dugenne1996230-1-0[1]cite-ref-dugenne20001780-2-0[2]. Il appartient à la tige des comtes d'Auxerre-Tonnerre et seigneurs de Rochefort de la maison de Chaloncite-ref-caron-1980-3-0[3]cite-ref-dico-g100a-4-0[4]. Il est le fils de Louis Ier de Chalon, comte de Tonnerre, et de Marie de Parthenaycite-ref-fromageot1973143-145-5-0[5]cite-ref-caron-1980-3-1[3]cite-ref-dugenne1996227-230-231-6-0[6]cite-ref-dugenne20001780-2-1[2].

Issue la fratrie de probablement sept enfants, nous pouvons mentionnercite-ref-fromageot1973172-173-7-0[7]cite-ref-dugenne1996227-230-231-6-1[6]cite-ref-caron-1980-3-2[3] : Hugues († apr. 1418), qui sera apanagé des terres de Griselles, Channes, Cruzy-le-Châtel ; Jean VI († 1415), seigneur de Ligny-le-Châtel et de Cruzy ; ainsi que ses deux sœurs Jeanne († 1451) et Marguerite qu'il tente d'écarter de la succession, mais finissent par hériter de Tonnerre. Par Marguerite, le comté de Tonnerre passe à la famille de Husson.

Seigneur en duché et comté de Bourgogne

Louis succède à son père au comté de Tonnerre en 1396/98cite-ref-fromageot1973143-145-5-1[5]cite-ref-dugenne20001780-2-2[2], alors qu'il n'a que 18 ans. Il renonce à ses prétentions sur le comté d'Auxerrecite-ref-dugenne1996230-1-1[1]. Il rend hommage pour Tonnerre au duc de Bourgognecite-ref-dugenne1996230-1-2[1]. En 1401, il confirme les droits de la cité de Tonnerrecite-ref-dugenne1996230-1-3[1].

À la mort, Jean de Chalon-Châtelbelin († 1396), seigneur d'Orgelet, cousin germain de son père, sa succession fait l'objet d'une dispute entre les différents bénéficiairescite-ref-rousset-rochefort-8-0[8]. Louis hérite de Montaigucite-ref-montaigu-9-0[9]. Il attente cependant un procès sur le reste de la succession et obtient les fiefscite-ref-dico-g100a-4-1[4] d'Orgelet, Saint-Julien(-sur-Suran), Saint-Aubin et Châtel-Belincite-ref-dugenne1996230-1-4[1]cite-ref-rousset-rochefort-8-1[8].

Il s'installe, en 1399, dans le château-fort Orgelet, où il reçoit l'hommage de ses vassauxcite-ref-rousset-rochefort-8-2[8].

Il épouse, en 1402, Marie de La Trémoille, fille de Gui VI, comte de Guînes, et de Marie de Sullycite-ref-dugenne1996230-1-5[1]cite-ref-dugenne20001780-2-3[2]. Le couple n'a pas d'enfantcite-ref-dugenne1996230-1-6[1].

Homme du parti Armagnac et confiscation de ses biens

Le comte de Tonnerre entre au service du roi de France, Charles VIcite-ref-dico-g100a-4-2[4]. Il combat en Limousincite-ref-dico-g100a-4-3[4], et aux côtés du duc d'Orléans, en Flandres, en 1402, puis en Guyenne, en 1404cite-ref-dugenne1996230-1-7[1]. Son engagement auprès de Louis Ier d'Orléans est considéré comme une offense par ses suzerain les ducs de Bourgogne, Philippe II le Hardi, puis son fils Jean sans Peur cite-ref-dugenne1996230-1-8[1]cite-ref-dico-g100a-4-4[4].

En raison de cette alliance avec les Orléans, alliés aux Armagnacs, Jean sans Peur fait saisircite-ref-dico-g100a-4-5[4] les fiefs bourguignons de Cruzy, Griselles, Laignescite-ref-dugenne1996231-10-0[10]. Ce dernier fera assassiner le duc d'Orléans, en 1407. La Paix de Chartres pacifie les relations entre les deux factions, et permet au comte de Tonnerre de réapparaitre à la Cour de Bourgognecite-ref-dugenne1996231-10-1[10].

Entre temps, Louis de Chalon accompagne la duchesse de Bourgogne à Douai, en 1407, où il fait la connaissance de Jeanne de Perellos/Périllos, demoiselle d'honneur et parente de la duchessecite-ref-rousset-rochefort-8-3[8]cite-ref-dico-g100a-4-6[4], fille du chevalier aragonais Pons de Perellos/Perellós, ainsi que la nièce de Raimond, vicomte de Perellos, tous deux conseillers et chambellanscite-ref-11[11]. Amoureux d'elle, Rousset indiquait qu'il se serait rendue auprès d'elle en secret dans le palais ducal et qu'il se serait fait prendrecite-ref-rousset-rochefort-8-4[8]. Averti, la duchesse lui interdit de la revoircite-ref-rousset-rochefort-8-5[8]. Toutefois, Louis de Chalon organise son enlèvement, en 1406, et la cachecite-ref-rousset-rochefort-8-6[8]cite-ref-dico-g100a-4-7[4] au château de Maulnescite-ref-dugenne1996231-10-2[10]. Il envisage l'annulation de son mariage avec Marie de La Trémoillecite-ref-schnerb-2005-p-393-12-0[12]. La duchesse de Bourgogne, mécontente, confisque les places comtoises de Châtel-Belin, Orgelet, Montaigu, et accentue la présence militaire ducale autour du Tonnerrois, dans les places de Montbard, Lézinnes, Pacy, Tanlay, Argenteuil et Noyerscite-ref-dugenne1996231-10-3[10].

Dans un premier temps le duc lui accorde son pardon le 10 mai 1410 où il indique que « plusieurs parents et amis de notre très cher et aimé cousin le comte de Tonnerre soient venus […] humblement supplié de lui pardonner […] »cite-ref-schnerb-2005-p-393-12-1[12]. Le 17 mai un traité de paix est signé et Louis peut rentrer dans son domaine tonneroiscite-ref-schnerb-2005-p-393-12-2[12].

Cependant huit mois plus tard la situation s'inverse à nouveaucite-ref-schnerb-2005-p-393-12-3[12]. L'endettement du comte de Tonnerre et son alliance aux Armagnacs, notamment Charles Ier d'Orléanscite-ref-dico-g100a-4-8[4], amènent la rumeur selon laquelle il aurait été prêt à livrer des places fortes à ceux-ci menaçant ainsi directement la Bourgognecite-ref-schnerb-2005-p-393-12-4[12]. Il semble qu'il aurait également promis l'assassinat du duc Jean sans Peurcite-ref-schnerb-2005-p-393-12-5[12]. En février 1411, le duc de Bourgogne l'accuse de crime de lèse-majesté (forfaiture), lui confisquant les biens déjà saisis, et entre en guerre contre Louiscite-ref-dugenne1996231-10-4[10]cite-ref-schnerb-2005-p-393-12-6[12]. Les pourparlers échouescite-ref-dico-g100a-4-9[4]. Louis est obligé de quitter son comtécite-ref-schnerb-2005-p-393-12-7[12], accompagnés des hommes du comte de Nevers et l'aide du duc de Lorrainecite-ref-dugenne1996231-10-5[10].

Un traité est signé en 1412, à Auxerre, permettant à Louis de Chalon de rentrer dans ses possessions et obligeants les Bourguignons à quitter ses terrescite-ref-dugenne1996231-10-6[10]. Cependant, le duc de Bourgogne refuse le traité et fait condamner le comte de Tonnerre par le Parlement de Dole, le 18 juillet 1413cite-ref-dugenne1996231-10-7[10]. Louis de Chalon est banni et ses biens sont confisquéscite-ref-dugenne1996231-10-8[10]. L'année suivante, avec le soutien des Armagnacs, Vignory et Tonnerre sont repris aux Bourguignonscite-ref-dugenne1996231-10-9[10]. Louis de Chalon fait détruire les places de Chamelard et Thorey, il saccage Annoux, Coulmier-le-Sec, et fait assiéger Châtel-Gérardcite-ref-dugenne1996231-10-10[10]. Le Tonnerrois est ravagé et Tonnerre est en ruinecite-ref-dugenne1996231-10-11[10]. Le duc de Bourgogne réoccupe l'ensemble des possessions du comte de Tonnerre, en 1414cite-ref-dico-g100a-4-10[4], et il refuse de les rendre, malgré l'ordre de Charles VI et le traité d'Arras (1435)cite-ref-dugenne1996231-10-12[10]. Le roi fait intervenir le sire de Goncourt qui reprend Tonnerrecite-ref-dugenne1996231-10-13[10].

En 1418, le duc de Bourgogne profite de la démence du roi pour obtenir l'ensemble des possessions situées dans le duché et le comté de Bourgogne des Chalons-Auxerre-Tonnerrecite-ref-dico-g100a-4-11[4]cite-ref-dugenne1996231-10-14[10]cite-ref-schnerb-2005-p-393-12-8[12]. Ses deux frères, Jean VI († 1415) et Hugues († apr. 1418), voient également leur biens confisquéscite-ref-dico-g100a-4-12[4]. Tous deux meurent lors d'une bataille de la guerre de Cent Anscite-ref-dico-g100a-4-13[4]. Le premier meurt lors de la bataille d'Azincourt et le second à Verneuilcite-ref-dico-g100a-4-14[4]. Philippe le Bon, fils du duc et comte de Charolais, obtient les places de Châtel-Belin, Orgelet, Laignes, Griselles, Cruzy-le-Châtelcite-ref-schnerb-2005-p-393-12-9[12]. Jean sans Peur s'attribue, le 25 juillet 1419, le comté de Tonnerre, au nom du roicite-ref-schnerb-2005-p-393-12-10[12].

Mort et succession

La date de mort de Louis ne fait pas consensus. Il semble mourir le 17 août 1424, selon la notice du Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonnecite-ref-dugenne1996227-230-231-6-2[6], précisant « selon les uns, plus vraisemblablement de maladie en mars 1423 »cite-ref-dugenne1996230-1-9[1]. Petit (1894) retenait les années 1422cite-ref-petit1894troisi-me-tableau-https-gallica-bnf-fr-ark-12148-bpt6k113858g-f549-item-lire-en-ligne-sur-gallica-13-0[13] et 1424cite-ref-dugenne20001780-2-4[2]. Il précisait cependant que la seconde date ne pouvait être retenuecite-ref-petit1894troisi-me-tableau-https-gallica-bnf-fr-ark-12148-bpt6k113858g-f549-item-lire-en-ligne-sur-gallica-13-1[13].

Il n'a pas d'enfant légitimecite-ref-dugenne1996227-231-14-0[14]. De son union avec Jeanne de Perellos/Périllos, il a un fils naturel, Jean (1397-1453), dit bâtard de Chaloncite-ref-dico-g100a-4-15[4] ou encore bâtard de Tonnerre.

À sa mort, la question de la succession rencontre certaines difficultés. Avec la mort de ses frères cadetscite-ref-caron-1980-3-3[3], la maison de Chalon-Auxerre-Tonnerre s'éteint en ligne masculinecite-ref-dico-g100a-4-16[4]. Son fils, Jean, est de fait exclu de la successioncite-ref-caron-1980-3-4[3]. L'ensemble des biens fait l'objet de longs procès tout autant entre les deux sœurs survivantes, Jeanne († 1451) et Marguerite, que de seigneurs réclamant les créances laissées par Louis ou invoquants des droits diverscite-ref-dico-g100a-4-17[4]. Parmi ces prétendants, Arthur III de Bretagne, le connétable de Richemont, et époux de Marguerite de Bourgogne, fille aînée du duc Jean sans Peurcite-ref-fromageot1973172-15-0[15], mais aussi Georges Ier de La Trémoillecite-ref-dico-g100a-4-18[4], frère de l'épouse légitime de Louis. Il faut attendre le traité d'Arras (1435) pour que sa sœur Jeanne récupère le comté de Tonnerrecite-ref-dugenne1996231-10-15[10]cite-ref-dico-g100a-4-19[4].

Le gisant de Jeanne de Perellos/Périllos se trouve à Saint-Aignan-sur-Cher, mais en dehors de la collégiale, à cause de sa liaison avec Louis IIcite-ref-16[16].

Jean fils illégitime de Louis devient le compagnon de sa tante Jeanne vers la fin de sa viecite-ref-caron-1980-3-5[3]. Il lui sert parfois de procureur ou de témoincite-ref-caron-1980-3-6[3]. Il obtient d'elle les fiefs de Valençay en Berry (1434) et Ligny-le-Châtel (1439)cite-ref-caron-1980-3-7[3]. Vivant à Paris, il épouse, en 1438, Jeanne l'Orfèvre, la fille d'un changeur parisiencite-ref-caron-1980-3-8[3].

Notes et références

cite-note-dugenne1996230-11. Dugenne 1996, p. 230.
cite-note-dugenne20001780-22. Dugenne 2000, p. 1780.
cite-note-caron-1980-33. caron1980marie-th-r-se-caron1980Marie-Thérèse Caron, « Vie et mort d'une grande dame : Jeanne de Chalon, comtesse de Tonnerre (vers 1388–vers 1450) », Francia, vol. 8,‎ 1980, p. 147-190 (résumé, lire en ligne [PDF]).
cite-note-dico-g100a-44. moeglin2023jean-marie-moeglin2023Jean-Marie Moeglin, « Chalon-Auxerre-Tonnerre », dans Jean-Marie Moeglin (dir.), Dictionnaire de la Guerre de Cent Ans, Paris, Bouquins éditions, 2023, 1492 p. (ISBN 978-2-38292-336-8, lire en ligne), p. 306-307.
cite-note-fromageot1973143-145-55. Fromageot 1973, p. 143-145.
cite-note-dugenne1996227-230-231-66. Dugenne 1996, p. 227, 230-231.
cite-note-fromageot1973172-173-77. ↑ Fromageot 1973, p. 172-173.
cite-note-rousset-rochefort-88. rousset1854alphonse-rousset1854Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté. t.V : Département du Jura, 1854 (lire en ligne [PDF]), , « Orgelet (39) ».
cite-note-montaigu-99. ↑ rousset1854alphonse-rousset1854Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté. t.V : Département du Jura, 1854 (lire en ligne), p. 263-276, « Montaigu (39) » ([PDF] lire en ligne).
cite-note-dugenne1996231-1010. Dugenne 1996, p. 231.
cite-note-1111. ↑ schnerb2005bertrand-schnerb2005Bertrand Schnerb, Jean sans Peur, le prince meurtrier, Paris, Payot, coll. « Biographie Payot », 2005, 824 p. (ISBN 2-228-89978-X), p. 386.
cite-note-schnerb-2005-p-393-1212. schnerb2005bertrand-schnerb2005Bertrand Schnerb, Jean sans Peur, le prince meurtrier, Paris, Payot, coll. « Biographie Payot », 2005, 824 p. (ISBN 2-228-89978-X), p. 393-394.
cite-note-petit1894troisi-me-tableau-https-gallica-bnf-fr-ark-12148-bpt6k113858g-f549-item-lire-en-ligne-sur-gallica-1313. Petit 1894, lire en ligne sur Gallica, p. Troisième tableau.
cite-note-dugenne1996227-231-1414. ↑ Dugenne 1996, p. 227, 231.
cite-note-fromageot1973172-1515. ↑ Fromageot 1973, p. 172.
cite-note-1616. ↑ « Sites à découvrir », sur ville-saintaignan.com (consulté en avril 2025).

Voir aussi

Bibliographie

• fromageot1973jean-fromageot1973Jean Fromageot, Tonnerre et son comté des origines à la Révolution de 1789, Le Livre d'histoire, coll. « Monographies des villes et villages de France », 1973 (réimpr. 2000), 540 p. (ISBN 2-84435-156-5).
• dugenne1996paul-camille-dugenne1996Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. I. A.-C., Société généalogique de l'Yonne, 1996, p. 228-229, Chalon, Jean Ier.
• dugenne2000paul-camille-dugenne2000Paul-Camille Dugenne, Dictionnaire biographique, généalogique et historique de l'Yonne. t. V. S.-U., Société généalogique de l'Yonne, 2000, p. 1779-1781, Comtes de Tonnerre.
• petit1894ernest-petit1894Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne avec des documents inédits et des pièces justificatives. t. 5, Paris, Lechevalier, 1894, « Généalogie de Jean de Chalon, le Sage ou l'Antique », lire en ligne sur Gallica.

Articles connexes
Liens externes

• 2022(en) « Burgundy Duchy - B. Comtes de Tonnerre (Nevers, Courtenay, Bourgogne-Comté) », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy), 2022 (consulté en février 2025), dont la notice (en) « Louis Ier > Louis [II] de Tonnerre ».
• « Sceaux de Louis II de Chalon-Tonnerre. Comte d'Auxerre, Comte de Tonnerre, Seigneur de Chatelbelin », sur Sigilla : base numérique des sceaux conservés en France (consulté en avril 2025).

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